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Publié par M Y R

Au totale, le trajet en karandalana dure 48 heures au départ d'Antananarivo jusqu'a Tôlagnaro. Et cela dure exactement 48 heures. Tout cela se réalise à une seule condition : il n'y a pas de problèmes rencontrés en cours de route. Les 48 heures passent très vite quand le karandalana arrive à bon port.

Voyager en karandalana reste une découverte : les secousses dans les voitures légères n'y sont pas ressenties. C'est assez agréable pour ceux qui ont mal au dos. Mais après 48 heures de position assise, tout fatigue.

La vitesse de croisière est atteinte dès la dixième kilomètre, tout se déroule dans de bonne condition. Et les aléas d'un voyage reste toujours au fond de la tête. Dans le Karandalana, les secousses ne se sentent pas mais vous êtes à 3 mètres du sol sur du coussin d'air (si on peut dire). Le paysage se déroule sous vos pneus. Tout se déroule calmement sans brusquerie. Le voyageur a le temps de voir venir chaque brin d'herbes et chaque pied d'arbre.

Les brouhahas des voyageurs se murmurent au fil des kilomètres. Les pleurs des enfants s'amenuisent petit à petit, sauf quand le bébé crie famine !

Le soleil suit son cours, comme les secondes et les minutes. Les yeux se fatiguent à force de vouloir tout saisir, la tête commence à se pencher en suivant le rythme du karandalana. Un appel du " banc-fond " interpelle : " homme n'est pas un poulet ! " (olombelo-tsy akoho!) pour demander une pause-pipi. Et à part ces instants d'arrêt, le karandalana roule sur son chemin.

A une station d'essence, il faut profiter pour se dégourdir les pieds et le dos. Les chauffeurs se remplacent dans la cabine de pilotage. Il faut observer les secondes de remplissage du réservoir de gasoil, le temps de sortir et voilà il faut vite remonter. Le karandalana repart déjà comme s'il ne s'est pas arrêté. Ton voisin de voyage ne devrait pas manquer au klaxon long et fort.

Les arrêts se font rares avec la lune qui commence son escalade du firmament. Le dîner dans un "hotely" bien défini se fait calmement. Tout le monde prend son temps car ensuite le voyage se fera à un rythme interminable. Un grand fût rempli d'eau se trouve à l'entrée pour se débarbouiller des poussières. Les chauffeurs prennent place auprès du foyer pour déguster leur plat favori gratuitement, tandis que les voyageurs choisissent les leurs dans la grande salle bruyante et criante des voix des serveurs et tout cela sous les regards aiguisés des propriétaires. Le choix des plats se fait rapidement entre un met à base de soupe ou une cuisson à la sauce. C'est un exemple d'arrêt sur ce long trajet de 48 heures.

Bien rechargé et moins tendu, tout le monde reprend place dans le karandalana.

Pour les pause-pipi, les voyageurs devront patienter lors d'un passage dans un village ou une grande ville. Boire de l'eau est à faire avec modération !

Au premier lever du jour, le corps réclame un étirement après avoir été coincé entre le dossier et son voisin. Le karandalana file son rythme et enfile les kilomètres. Les paupières restent encore collées. Alors que le paysage se dévoile avec grâce avec le soleil se colorant d'un rouge vif à un blanc éclatant. Les cris des enfants se répondent aux crissements des fers et des bois du karandalana.

Cela fait 12 heures de trajet, et au bout il y aura la mer et le sable.

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